L’aventure de l’Arche

A l’occasion du Comité interministériel du handicap, le 2 décembre, Manuel Valls a affirmé la nécessité de « changer radicalement notre approche du handicap ». Un article fort en émotion sur le site du gouvernement permet de se préoccuper des handicapés le temps d’une lecture. C’est beau, c’est émouvant. Prenons un air apitoyé et passons à l‘article suivant.
Mais il existe des personnes qui ne se limitent pas au constat et qui donnent de leur temps pour vivre auprès des handicapés.

L’une de ces âmes dévouées ne limitant pas son engagement à de beaux discours s’appelle Audrey. Elle fait partie de l’Arche. Il ne s’agit pas ici de l’arche de Noé mais de celle de Vanier. Le « concept » est de vivre avec les personnes handicapées et non de les voir comme des assistées ayant besoin d’aide. L’Arche a été fondée par Jean Vanier. Pour lui, l’essentiel « n’est pas d’être normal, mais d’être aimé et que quelqu’un croit en nous… » Audrey a pris ces paroles à la lettre.
Elle n’a qu’une vingtaine d’années. Jeune, jolie et par-dessus cela intelligente, elle n’a pas choisi son chemin par défaut. A la fin de l’été 2016, elle s’est envolée pour l’Irlande. Auparavant elle était déjà allée dans un foyer de l’Arche. Cette fois-ci, c’est à Cork qu’Audrey a posé ses valises. Elle a élu ce pays car là-bas « que tu aies les cheveux bleus, rouges, que tu sois piercingué ou tatoué de partout, les gens t’acceptent et entrent en relation avec toi, en toute simplicité ».

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« La vie se déroule simplement »
Au foyer Audrey a rencontré des « personnes simples, qui rigolent pour les choses les plus infimes de la vie quotidienne auxquelles on ne fait pas toujours attention, qui ont des difficultés à s’exprimer et qui se sentent comme dans une cage lorsqu’on ne les comprend pas… qui ont besoin d’aide mais qui nous laissent penser qu’ils ont envie de solitude… ou d’autres qui n’ont pas reçu d’éducation et qui ont du mal à dire pardon ou merci. »
La démarche est tout à fait particulière et ne ressemble en rien à une maison d’accueil classique. « Nous vivons au quotidien avec les résidents, en moyenne un assistant pour chaque résident. La vie se déroule simplement comme une vie de famille avec des hauts et des bas. Vivre et accepter la différence de l’autre dans les actes du quotidien. Ce n’est pas évident, mais c’est un enrichissement permanent. Nous accompagnons les personnes dans leur routine sanitaire, médicinale, financière, amicale… Cela fait un peu kitsch mais c’est vrai, à force de vivre avec les résidents, nous passons au-delà de leur handicap. »

« Ils nous forcent à donner le meilleur de nous-mêmes »
Il est surprenant que le mot « simple » revienne aussi souvent dans la bouche d’Audrey. Alors que nos sensibilités anesthésiées s’attendent à un discours larmoyant, nous voilà frappés par son enthousiasme et dans sa sérénité. Elle demeure malgré les difficultés que peut parfois entrainer la vie commune avec des handicapés. « Ils nous forcent à donner le meilleur de nous-mêmes. Nous apprenons à devenir patients, créatifs, réactifs, attentionnés, communicatifs, souriants, dégourdis… Nous vivons une vie simple et difficile à la fois mais qui nous fait devenir des personnes responsables et joyeuses. C’est l’école de la vie ! »

Pour en savoir plus sur l’association c’est ici.

Image de couverture : ©fnsf.org

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