Le dessin de presse dans tous ses Etats

Imprimés sur un format plus grand que l’envergure du journal Le Monde déployé, vernis et exposés en plein de cœur de Paris… difficile de deviner qu’il s’agit de dessins de presse. Pourtant il n’est pas nécessaire d’avoir une clairvoyance particulière pour comprendre rapidement l’objet de l’exposition. Du 29 novembre 2016 au 8 janvier 2017, l’exposition « Le dessin de presse dans tous ses États » prend ses quartiers sur les grilles de l’Hôtel de ville, rue de Rivoli.

L’évènement supporté par la mairie de Paris est organisé par Presstalis et Cartooning for Peace. Cette dernière est une association créée par le dessinateur Plantu. Elle se présente comme « un réseau international de dessinateurs de presse engagés qui combattent, avec humour, pour le respect des cultures et des libertés ». La visite peut se faire à toute heure puisqu’elle a lieu dans la rue. Les dessins sont en grand format et une note en haut à droite indique le nom du dessinateur suivi de son pays. C’est ainsi que les quelques pas que nous faisons pour longer les grilles nous font sauter d’un pays à un autre, voire d’un continent à un autre. Les dessins regroupés dans cette exposition ont chacun un style bien particulier et un langage qui leur est propre.

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Quelques exemples
Sans vouloir spoiler l’exposition, on peut en évoquer quelques-uns. Allez, disons trois.
Le premier pour se mettre en jambe. Situé en bout de parcours, il entame ou termine la visite selon le côté de la rue d’où l’on vient. C’est un dessin de Zlatkovski. Notre intuition sur-développée nous dit qu’il s’agit sans doute d’un Russe et cela se confirme en lisant la légende du dessin. Ce dernier représente un homme tenant un journal dans ses mains. Mais le journal « News » n’a que la moitié de ses articles car une bonne partie du papier est trouée.

Un deuxième tout en douceur. Nous posons ici nos valises au Nicaragua avec le dessinateur Molina. Un oiseau en origami blanc tient dans son bec une branche d’olivier dont la tige est un stylo plume. La signature de l’artiste borde le gracieux volatile.

Et enfin un troisième et dernier petit échantillon. Certains seront défrisés, le nom de l’artiste ne rime plus avec celui de son pays. Mais les déceptions s’arrêtent là. L’Iranien Mana Neyestani nous donne à voir un dessin très éloquent. Il s’agit plus exactement d’un dessin dans un dessin. Un homme relie des points numérotés au stylo rouge. Mais le dessin ainsi constitué par le personnage représente une cage où il se retrouve pris.

Hors de question de décrire trop longuement ces dessins et encore moins de les analyser sur de longs paragraphes. « Le dessin de presse dans tous ses États » est une exposition qui n’est pas faite pour être racontée. Ces dessins ont pour vocation de parler directement et supportent très mal les intermédiaires. A bon entendeur…

Image de couverture : ©cartooningforpeace

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