De quel Internet voulons-nous ?

Internet est la scène et la mise en scène d’un phénomène silencieux et global : la concentration de masse de nos données pour partie depuis des plateformes numériques d’échanges et de partages. Particulièrement au vu de l’écosystème financier de ces réseaux, mais aussi face à la généralisation collective d’un modèle d’utilisation encouragé, généralisé et accepté par tous, le web social tendrait à devenir un système de cloisons : il pose et impose à tous une relation à autrui et à l’information, puise notre attention, redéfinit la réalité. Enjeu social, mais aussi philosophique et moral, le devenir de l’Internet redessine l’idée de nature de l’homme et le propre de son existence au point même où « l’exister, notre exister, semble se résorber dans la seule compréhension utilitariste dans la dépossession de toute notre intériorité au profit de simples réponses comportementales, […] l’innovation technique impose de formater les esprits […] de façon à ce qu’ils soient compatibles avec le fonctionnement assujettissant et prédéterminé des machines » (Michel Blay, Penser ou Cliquer, CNRS Editions, 2016). Le numérique devient la nouvelle question sociale. Sa communauté ne pourra plus l’ignorer encore longtemps : l’Internet refait société. Économiquement d’abord, socialement ensuite. Cet article ne prétend nullement prendre le temps d’analyser en détails l’ensemble de ses enjeux, ses dimensions ou perspectives d’avenir, mais au moins de convaincre qu’à chaque clic, chargement ou notification, se joue un peu plus chaque jour, le devenir de ce que nous serons pleinement demain : des citoyens-numérique ou des esclaves du capital.

Affecté par la conglomération de l’information et des contenus virtuels, écrasé par le système GAFA ou les stratégies économiques de Webedia en France (à regarder ici), une nouvelle question émerge : le web doit-il mourir ? Mais peut-être est-il déjà mort ? D’un autre côté, l’amorçage du big data, véritable illustration du dynamisme numérique global, ne réduit pas en cendre l’espoir de voir renaître ou de reconstruire un jour ce que Dominique Cardon appelle « l’esprit internet » au regard du mouvement de décentralisation du web. Explications.

internet2
Evolution de l’écosystème big data, Tweet de @Amadeus Nice, le 2 décembre 2016
L’Urgence d’une prise de conscience

En négligeant son histoire, nous avons trop tendance à l’oublier :  Internet constitue un réseau par lequel transitent des données mondiales, associant des ressources de télécommunication et des ordinateurs, serveurs et clients. Le web arrive après l’Internet et correspond à un des outils utilisant ce réseau, le principal. Si les applications Internet sont nombreuses (courrier électronique, messagerie instantanée, téléphonie, échange de fichier…), les promoteurs du web et promoteurs du cyberespaces avant-eux, ont constitué rapidement autour d’elles une vaste entreprise de centralisation. Vaste, parce qu’on retrouve ce schéma un peu partout sur le web social, dessiné de multiples façons. Vaste aussi, parce qu’elle reconfigure l’architecture sociale du web : manifestement, tout est fait pour que la doctrine du marché de l’attention nous pousse à faire un maximum de choses, au sein d’un minimum d’outils, tout en agrandissant les chances que nous y consacrions le plus de temps, et peu importe sur quoi repose cette chance (développement d’un nouveau design graphique, de nouvelles fonctionnalités, évènement particulier, réajustement des prix si le service est payant…).

Même si des solutions libres existent comme le système de messagerie Jabber, « il n’existe pas de technologie neutre » (Haché, 2014), et très vite, tout protocole est rattrapé par un intérêt : celui de l’intérêt général ou – et trop souvent – celui du marché. Alors, appartenons-nous au Web ou le Web nous appartient-il ? Question élémentaire qui porte plus à penser que le web appartient moins à ses utilisateurs qu’aux services qu’il propose : « La vraie bulle de filtre est d’abord celle-là : celle d’un actionnariat au service d’un projet politique et visant par-dessus tout à préserver ses propres intérêts, à faire valoir ses propres valeurs. Un projet dont l’algorithme est au mieux le reflet et au pire l’instrument ». S’il est encore difficile de « cartographier » les propriétés comme on l’a fait pour la presse papier et la télévision, nous pouvons dès à présent constater un fait au vu de la formation de conglomérats comme Alphabet, ou Rakuten : derrière nos navigations web se cachent des empires. Empires économiques d’abord, mais emprise psychologique ensuite, au point même où pour B.J Frog, l’« accept and connect » changerait nos comportements : « les applications informatiques pourraient être méthodiquement conçues pour exploiter les règles de la psychologie afin d’amener les gens à faire des choses qu’ils pourraient ne pas faire autrement ». Pour le conceptualiste de la « captologie », le débat devrait se centrer sur la question de « savoir exactement où et quand une telle persuasion est bénéfique » et encore faut-il qu’elle soit acceptée par tous.

C’est un fait, d’une manière ou d’une autre, les structures numériques imposent à tous un nouveau conformisme. Et cette architecture est d’autant plus révélatrice quand on l’applique au modèle du « Code is Law », initialement expliqué par Lawrence Lessig : le modèle est extrêmement simple et le consentement à fumer en est un bon exemple. Cette activité suggère que le comportement des gens soit réglementé par la somme de quatre forces agissant en toute situation : la loi, qui dit si l’on peut être fumeur ou non (si on est mineur), les normes, qui traduisent socialement s’il est ou non acceptable de fumer dans toute circonstance différente (on ne fume pas dans les lieux publics couverts, on fume chez soi), les forces du marché, qui renvoient aux prix des cigarettes et à leur disponibilité ; et enfin ce que l’auteur appelle la structure architecturale ou la conception de la technologie, autrement dit les différents modèles de la cigarette (sans filtres, menthols, à rouler, électronique…). Si on applique ce modèle à l’espace numérique, le code est effectivement une architecture qui contrôlerait nos comportements. Ses services développent des marchés auxquels sont relatifs des cadres juridiques souvent peu uniformisés. Enfin les plateformes d’échanges qui en découlent, sont elles régulées par des normes, des règles d’utilisation, et une architecture construite selon un design donné (Dan Lockton,2003) : moralité, il semblerait que plus on cherche à définir la régulation des données dans ce cadre, moins on arrive à le situer, qu’ « avec le big data, on passe notre temps à essayer de comprendre la base de données, plus qu’à l’utiliser » (Dario Compagno, Le Monde).

internet4
©papers.ssrn.com
La décentralisation des réseaux, l’enjeu majeur de l’Internet de demain

Or, la « captologie » explore les liens entre les techniques de persuasion et les technologies numériques. Elle s’intéresse donc à tout élément (la conception, les fonctionnalités ou dispositifs spécialisés) créés dans le but, direct ou indirect, de changer les attitudes et comportements des individus. Autrement dit, ce champ de recherche s’intéresse aux conséquences de la ritualisation d’usages quotidiens que la technologie numérique entretient avec l’individu. Or, s’il n’est pas facile de représenter Internet, il n’est pas difficile de constater que le web a manifestement uniformisé une ritualisation commune du surfing. S’il n’est peut être pas aisé de s’en défaire, et encore faut-il en éprouver l’envie, il est certain que sa structure profite aux « grands architectes » des services que nous utilisons au quotidien. « Ces ‘’géants’’ de la technologie de l’information, sont basés sur une architecture de réseau client/serveur qui préconise une dichotomie clairement identifiable entre un serveur [unique] fournisseur de ressources, et des clients qui en sont demandeurs. » (Franseca Musiani, 2013)

internet5
Représentation de la captologie selon Dan Lockton

Ce cadre tend aujourd’hui à être remis en cause : une véritable intelligentsia se forme et se lève depuis l’ère « post-Snowdeen », depuis ses révélations en 2013 d’abord, mais aussi ses implications récentes dans la mise au jour continue des dimensions invisibles de l’espionnage de masse. S’il initie avec Laura Pointras le projet de The Intercept, Snowdeen participe surtout à la production d’une nouvelle dynamique : celle de la première médiatisation de masse de l’idée qu’un autre Internet est possible. Mieux encore, même si « ‘le post- Snowden’ est loin d’être la première occasion où le projet de la (re)décentralisation bénéficie d’un regain d’intérêt » il présente pour la première fois « les questions de surveillance sous de nouvelles facettes » et relie « très fortement la question de la décentralisation des réseaux à celle de laprivacy by design » (Franseca Musiani, 2013), concept appelé à connaître un fort développement en Europe, elle qui s’inquiète aussi désormais du pluralisme et de la liberté des médias sur la toile.

Aussi, ingénieurs, hackers, captologues, journalistes : tous se rassemblent autour de la défense des libertés numériques. On peut citer entre autres, Tristan Harris, ancien ingénieur de Google et initiateur du mouvement Time well spent, Joshua Kopstein, journaliste pour Al Jazeera America et créateur du blog Lawful Intercept, l’internet-activist et auteur Eli-Parisier, Rebecca MacKinnon créatrice de Global Voices et auteure de Consent of Networked, John McAfee, mais aussi Tim Berners Lee lui-même, inventeur du World Wide Web, favorable à la décentralisation, présent lors du premier Decentralized Web Summitet bien d’autres encore !

internet6
©thewindowsclub.com

Émergente depuis la fin des années 90 lorsque le World Wide Web transite dans le domaine public, mais surtout posée comme un enjeu déterminant du devenir d’Internet à partir de la fin des années 2000, la question de la décentralisation des réseaux redessine le militantisme numérique. En France, elle s’illustre avec la naissance de réseaux comme Framasoft depuis 2006, (créateur et hébergeur du projet Degooglisons-internet.org et du Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) ou de La Quadrature du Net, depuis 2008. Cette question est progressivement construite comme un véritable problème public par les grands promoteurs du web libre comme Eben Moglen, fervent défenseur du mouvement du logiciel libre, depuis sa conférence en 2006. Elle devient une véritable scène de réflexion pour une partie de la communauté numérique internationale, dont le ton et la mise en avant d’enjeux similaires seront pour les internautes activistes français retenus avec la célèbre conférence de Benjamin Bayart, lors de la huitième rencontre mondiale du logiciel libre.

Même si dans l’immédiat elle n’inspire pas une volonté collective de changement, cette problématique remet au moins pour partie en question nos consommations quotidiennes sur la toile : « C’est un nouveau mode d’intelligibilité du réel qui s’est peu à peu constitué, fondé sur une transparence généralisée, qui réduit la part de vide séparant les êtres entre eux et les êtres aux choses ». Il s’agit d’un « « Tournant numérico-cognitif » engendré par l’intelligence croissante acquise par la technique, capable d’évaluer les situations, d’alerter, de suggérer et de prendre dorénavant des décisions à notre place ». Il est central de comprendre que cette « « rationalisation algorithmique de l’existence », qui quantifie et oriente « des fins d' »optimisation » sécuritaire, commerciale, thérapeutique ou relationnelle » est une véritable  « rupture anthropologique qui se trame actuellement par le fait de notre condition de toute part interconnectée et robotiquement assistée, qui s’est déployée avec une telle rapidité qu’elle nous a empêché d’en saisir la portée civilisationnelle » (Eric Sadin, Le Monde).

internet7
Cartographie des sites les plus fréquemment consultés dans le monde ©viual.ly

Si depuis les révélations de Snowden le Parlement Européen appelle à la création d’un habeas corpus numérique, il revoie surtout la mise en place d’un cadre promoteur de la neutralité du web. A cela, il ne va pas sans dire que la décentralisation apparaît comme une solution alternative crédible. Dans ce scénario, « promouvoir une alternative européenne consiste à contraindre les géants du net à localiser leurs serveurs là où ils collectent les données, ou alors à favoriser des hébergeurs européens », manifestement « le recours à des architectures décentralisées […] est donc envisagé par un nombre de projets, entreprises, comme voie possible pour parer certaines difficultés de gestion du réseau, de ses localités à sa globalité, dans une perspective d’efficacité, de sécurité, et de développement durable numérique » (Franseca Musiani, 2013). Le développement durable numérique appelle à une prospérité, celle du passage d’une « privacy by policy » à une « privacy by architecture », où la technique qui conditionne l’hardware ou le software devient non plus une illusion de promotion mais une condition de respect. La décentralisation implique aussi – et surtout – un renouveau de la conscience sociale de la communauté numérique. Alors que le système centralisé prône une utilisation individualiste des services, l’architecture décentralisée, au-delà de la protection des données de l’utilisateur, l’encourage à repenser, les aspects sociaux des communautés en ligne, autour de valeurs telles que le partage, la solidarité, la fin de l’entre-soi. C’est l’optique du projet communautaire Tribler, promoteur de la création d’une communauté sociale pour le partage de contenus en peer to peer. Autrement dit, la décentralisation implique une responsabilisation de l’internaute, là où la centralisation des services numériques exige une centralisation passive de notre attention, critère déterminant du succès de Google : priver le web de ses atouts, sinon contrôler en permanence son développement.

internettableau
Principales différences entre les réseaux centralisés et décentralisés

Pire encore, en fonction des marchés, la culture du « libre » tend un peu plus encore à se fissurer, sinon s’effacer : ainsi F Droid, la première bibliothèque d’applications libre et open-source d’applications Android compte plus de mille applications en 2014, alors que la même année, le Play Store en compte 1, 5 million.

Le web tend à devenir une reconversion globale d’une domination politique et sociale totale

Avec le territoire du numérique, tout parait plus simple. D’abord pour que nous soyons tous sur un même pied d’égalité, mais surtout pour que les critères de distinction soient moins visibles et socialement moins connotés. Mais prenons en compte deux choses, d’abord qu’il existe un système de régulation de l’accès aux réseaux respectif à chaque Etat, d’autre part qu’il existe un système de régulation des sites par les infomédiaires et moteurs de recherche eux-mêmes. Si les deux forment le cadre de la navigation du citoyen, ils font au moins écho à deux problèmes que pose la centralisation. D’abord la mise à disposition de soi, ensuite la redéfinition du soi. Car d’une certaine manière, « chaque société a son régime de vérité, sa politique générale de la vérité : c’est-à-dire les types de discours qu’elle accueille et fait fonctionner comme vrais ; les mécanismes et les instances qui permettent de distinguer les énoncés vrais ou faux, la manière dont on sanctionne les uns et les autres ; les techniques et les procédures qui sont valorisées pour l’obtention de la vérité ; le statut de ceux qui ont la charge de dire ce qui fonctionne comme vrai » (Foucault, 1977).

Mais alors qu’avons-nous fait de la souveraineté technologique et numérique ? Ce beau projet que portait et défendait la communauté 1.0, incarnée à travers la Déclaration d’Indépendance du Cyberespace de John Perry Barlow est-il vain ? Si « la souveraineté technologique suscite une transformation sociale à travers la responsabilisation de leurs participants » (Haché, 2014), elle est d’abord et encore aujourd’hui une occasion de refaire la société, moins en changeant la société elle-même que l’appréhension qu’ont les individus d’elle. Or le système GATA « brutalise » cette opportunité, en reconvertissant notre liberté numérique en création de valeur : c’est ce qu’impose la Facebook cage, faire d’un clic, la possibilité, inégalée ou presque, d’étendre encore un peu plus sa légitimité. Pour vous donner un ordre d’idée, téléchargez, au moins par simple curiosité vos données personnelles Facebook, sinon celles que les opérateurs du service veulent que l’on voit.

internet8
Pour télécharger vos données personnelles sur Facebook

Il n’est pas surprenant de constater au moins deux choses : d’abord que bien que les politiques d’utilisations des données et de confidentialité du réseau social soient relativement transparentes, elles ne sont pas exclusivement relatives à ce que nous partageons sur la plateforme : « nous recevons des informations sur vous et vos activités, sur et en dehors de Facebook », et Facebook les conserve même si vous êtes désinscrit ou que vous n’y avez jamais été. Ensuite que ces données sont utilisées à partir des « personnes et groupes » avec lesquels nous sommes en contact, mais aussi selon « la manière » dont on interagit avec eux, en prenant bien sûr en compte l’ensemble des données techniques relatives à ces échanges (système d’exploitation, la version du matériel, paramètres de l’appareil, données d’emplacement géographiques… et on en passe !).

Mieux encore, si vous avez activé la synchronisation de vos contacts téléphoniques avec l’application smartphone, sachez qu’en plus d’enregistrer toutes vos activités sur son réseau, elle enregistre au moins un index de vos appels téléphoniques et de vos SMS, et même si vos contacts ne font pas partie du réseau social.

internet9
Un index de vos appels téléphoniques et SMS, tenu par Facebook, même si vos contacts ne font pas partie du réseau

Cadre inquiétant, surtout quand on observe dans le même temps les éventuelles disponibilités du service à s’ouvrir à la censure pour mieux conquérir de nouveaux marchés, et pire encore, quand on observe plus généralement l’augmentation inquiétante de la censure sur le web ou le développement d’intranets, des Internets annexes au web et extranets accessibles à tous, comme c’est le cas en Chine (à regarder en vidéo ici). Dans le même sens, l’emprise des GAFA consume ressources et biens culturels : « de la même manière que le capitalisme extrait en quelques décennies des ressources géologiques multimillénaires sans se soucier de leur réapprovisionnement, l’économie numérique exploite les biens culturels gratuits sans financer leur renouvellement, à savoir sans financer ni l’éducation ni les collectifs d’artistes ou de chercheurs. Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) s’enrichissent en épuisant nos ressources communes, sur le plan tant physique (écologique), que social (inégalités exacerbées) et mental (burn-out des suractifs, dépression des chômeurs) ».

Des avenirs possibles, notre responsabilité

Alors, que nous reste-t-il ? Pouvons-nous refaire l’Internet ? Alors que des initiatives prometteuses sont initiées par des personnalités comme Eben Moglan, des penseurs « optimistes », comme Yochai Benkler, soulèvent au moins une idée : lorsque l’Internet a été conçu, peu l’ont connu et moins encore ont compris son importance. Les principales décisions de sa conception ont été fabriqués dans un seul but : aspirer à la puissance. Maintenant, tout le monde sait que les décisions de conception d’Internet affectent la politique, l’économie, les institutions, les arrangements sociaux et culturels, décisions qui influenceront le prochain quart de siècle (Benkler, 2016). Même s’il y a une pénurie de conscience, les internautes connaissent en partie les « risques » de la « conglomératisation » du web, et il n’est pas interdit que la communauté numérique, avec les portes voix, les organisations et les médiatisations nécessaires se retournent vers des services similaires au web actuel, mais sous une architecture qui respecte leur navigation.

internet10
Sur Diaspora, vos données sont enregistrées dans un « pod », un hébergeur décentralisé que vous choisissez. Voir https://diasporafoundation.org

Car oui, une prise de conscience s’organise. Elle dépend d’abord de l’organisation sinon d’alertes généralisées respectives à des communautés dont dépend l’avenir du web tels que les bibliothécaires, journalistes, bloggeurs et surtout, les designers, véritables activistes de la cause. Si des think tank media tels que Ippolita.net ou Laboratory Planet se rangent aussi de leur côté, cette co-organisation collective et silencieuse, invite l’internaute lui-même à se reconvertir vers de nouveaux utilitaires, qui proposent un service plus respectueux encore que les sites de peer to peer classiques tels que Pirate Bay ou Bitorrent. Car oui, la nouvelle vague de décentralisation touche à tout : on y retrouve entres autres, Zero Net et Freenet, des plateformes de publications, le réseau Disapora à ce jour, plus grande communauté sociale décentralisée, des services de cloud comme Tresorit, des moteurs de recherche comme, DuckDuckGo, Qwant, des recherches en peer to peer avec Faroo ou Yacy, ou encore les nombreux dispositifs de blockchain, technologie récente de transmission des informations.

Il est en ce sens primordial que les premières générations qui ont grandi avec Internet, et les futures avec elles, s’approprient au moins l’ensemble de ces questions, pour que demain, ensemble, nous puissions choisir de quel Internet nous voulons.

Image de couverture : ©typeset-beta.imgix.net

Lukas Lacombe

J'aime quand ça pince car bien souvent on y retrouve un peu de vérité.

256 pensées sur “De quel Internet voulons-nous ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *